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Le syllogisme marxien du ProlŽtariat

 

¤ 23 Ð La systŽmaticitŽ marxienne, comme logique propre ˆ lÕobjet en ce que lÕobjet est en propre cÕest lÕautoÐdŽploiement comme autoÐdŽtermination du Ç mouvement m�me dont toute chose faite nÕest quÕune configuration transitoire È et qui par lˆ inclut Ç dans la conception positive des choses existantes È (i.e. dans la dŽtermination finie), Ç lÕintelligence de leur nŽgation fatale, de leur destruction nŽcessaire È[1], et cÕest ainsi que le communisme ne peut �tre luiÐm�me une chose positive (un idŽal moral ˆ accomplir ou un Žtat de fait ˆ Žtablir) mais Ç le mouvement rŽel qui abolit lÕŽtat actuel des choses È[2], comme sens du Ç mouvement m�me dont toute chose faite, etc. È

 

1. La systŽmaticitŽ marxienne, cÕestЈ-dire la dialectique telle que Marx la sauve et lui trouve Ç une physionomie tout ˆ fait raisonnable È[3], puis la Ç dialectique matŽrialiste È et le Ç matŽrialisme dialectique È.

2. Il nÕest pas utile dÕinsister ici sur le fait quÕen rempla�ant lÕIdŽe hŽgŽlienne par le Òmouvement m�meÓ, on ne sort pas, du point de vue de son fond rationnel, de la systŽmaticitŽ spŽculativeÉ contrairement ˆ ce que prŽtendent Marx et Engels. Il en va de m�me de la th�se du ÒrenversementÓ de la dialectique hŽgŽlienne ˆ propos duquel Althusser a raison dÕŽcrire : Ç ÉsÕil ne sÕagit que dÕun renversement, dÕune remise ˆ lÕendroit de ce qui Žtait ˆ lÕenvers, il est clair que faire basculer un objet tout entier ne change ni sa nature ni son contenu par la vertu dÕune simple rotation ! LÕhomme sur la t�te, quand il marche enfin sur ses pieds cÕest le m�me homme È, Ç Éune philosophie ainsi renversŽe ne peut �tre considŽrŽe comme tout autre que la philosophie inversŽe, que par une mŽtaphore thŽorique : en vŽritŽ sa structure, ses probl�mes, le sens de ses probl�mes, continuent dÕ�tre hantŽs par la m�me problŽmatique. È[4] La structure, les probl�mes posŽs et le sens des probl�mes posŽsÉ ce nÕest quand m�me pas rien ! Que dire alors de la thŽorie postprolŽtarienne qui, comme on lÕa vue, conserve dans sa critique du paradigme ouvrier le fond rationnel de la thŽorie du ProlŽtariat ?

 

24 Ð Avoir la contradiction ne suffit pas ˆ lÕeffectuation du processus ; certes, le dŽpassement est la raison dÕ�tre de la contradiction mais encore fautÐil pour que la chose sÕeffectue quÕexiste un Ç agir efficient È, cÕestЈÐdire un Sujet : chez Hegel ce sont les diffŽrents Ç peuples È de lÕhistoire et leurs Ç grands hommes È qui en incarnent lÕ Ç esprit È (la dimension rationnelle), chez Marx cÕest un groupe social particulier, la classe proletaire organisŽe en parti et donc en classe, et par lˆ existant comme sujet politique.

Marx expose le syllogisme de la classe prolŽtaire comme sujet politique en tant quÕeffectivitŽ de son sens rŽvolutionnaire, en lequel se rŽsume sa thŽorie du ProlŽtariat, dans les derni�res pages de Mis�re de la philosophie. Je contracte son exposŽ :

 

¤ 25 Ð Ç Les conditions Žconomiques  avaient dÕabord transformŽ la masse du pays en travailleurs [la grande industrie agglom�re dans un endroit des gens inconnus les uns aux autres. La concurrence les divise dÕintŽr�ts]. La domination du capital a crŽŽ ˆ cette masse une situation commune, des intŽr�ts communs. Ainsi cette masse est dŽjˆ une classe visЈÐvis du capital, mais pas encore pour elleÐm�me. [Mais le maintien des salaires, cet intŽr�t commun quÕils ont contre leur ma”tre, les rŽunit dans une m�me pensŽe de rŽsistance Ð coalition (É). Si le premier but de la rŽsistance  nÕa ŽtŽ que le maintien des salaires, ˆ mesure que les capitalistes ˆ leur tour se rŽunissent dans une pensŽe de rŽpression, les coalitions, dÕabord isolŽes, se forment en groupes, et en face du capital toujours rŽuni, le maintien de lÕassociation devient plus important pour eux que celui du salaire (É). Une fois arrivŽe ˆ ce point lˆ, lÕassociation prend un caract�re politique.] Dans la lutte (É) elle [la masse des travailleurs] se constitue en classe pour elleÐm�me. Les intŽr�ts quÕelle dŽfend deviennent des intŽr�ts de classe. È [5]

Tel est, en sa forme la plus ramassŽe, le syllogisme du ProlŽtariat comme sujet politique en sa systŽmaticitŽ spŽculative.

 

¤ 26 Ð Je parle de syllogisme systŽmatique dans la mesure o� la constitution du prolŽtariat en classe est traitŽe selon la figure du dŽjˆÉ pas encore, figure logique qui indique que le sujet du syllogisme est dŽjˆ tel en soi, abstraitement, dans son concept Ð pas encore tel, pour soi, concr�tement, en son concept, figure dans laquelle se joue toute systŽmaticitŽ [6] (la Matérielle n.2 ¤¤ 21 et 32). Sans cela, on ne pourrait pas comprendre ce quÕest cette classe qui se prŽÐexiste, qui peut dŽjˆ �tre nommŽe alors quÕelle nÕexiste pas comme telle ; cÕest que la Ç masse È est dŽjˆ en soi ce quÕelle devient pour soi, Ç organisation des ŽlŽments rŽvolutionnaire comme classe È [7] donc en Parti, en Parti rŽvolutionnaire Ç de masse È.

 

¤ 27 Р Dans le Manifeste, Marx Žcrit de m�me : Ç les conditions de lÕŽmancipation prolŽtarienne, cÕest lÕhistoire qui les donne È, cÕest Ç lÕorganisation graduelle et spontanŽe du prolŽtariat en classe È[8].

 

1. Marx critique dans ce passage les socialistes et les communistes critiques utopiques qui par Ç leurs inventions personnelles È tirŽes de leur imagination entendent Ç supplŽer ce que le mouvement social ne produit point. È Cf. la Matérielle n.1 ¤¤ 51 et 52 : la modestie spŽculative qui rejette toute pensŽe singuli�re au profit de la logique nŽcessaire de la chose m�me Ð cÕest en ce sens quÕil faut prendre le terme ÒspontanŽÓ et non au sens postprolŽtarien de non organisŽ.

2. CÕest de lˆ que vient la distinction Žtablie par la thŽorie postprolŽtarienne entre le Ç parti formel È et le Ç parti historique È, telle quÕelle est reprise par G. DauvŽ dans Sur lÕidŽologie ultraÐgauche (1969), mais aussi par Robin Goodfellow (ex Communisme ou Civilisation Ð 1976/1998) dans leur texte la Fin dÕun cycle.[9] Je reviendrai sur le travail tr�s intŽressant de ce groupe issu de lÕultraÐgauche italienne (quÕil convient dÕintŽgrer ˆ la critique de la thŽorie postprolŽtarienne de la rŽvolution que je nÕai jusquÕici considŽrŽe que sous lÕangle de ses courants issus de lÕultraÐgauche germanoÐhollandaise).

 

¤ 28 Ð Ë la fin du processus, on a la rŽalisation du ProlŽtariat dans son concept ou, si lÕon prŽf�re, lÕÇ effectivitŽ È du sens rŽvolutionnaire de la classe dans la classe prolŽtaire comme sujet politique, ou le Parti comme concept du ProlŽtariat dans son sens rŽvolutionnaire.

 

¤ 29 Ð En bonne systŽmaticitŽ, le commencement du processus, le point de dŽpart, ne tient que par son terme, son point dÕarrivŽe dans lequel il est destinŽ ˆ se supprimerÉ CÕest le cercle rationnel de la spŽculation systŽmatique : lÕorganisation des prolŽtaires en parti, donc en classe, nÕest pas un phŽnom�ne contingent mais lÕadvenir nŽcessaire de la classe prolŽtaire dans son concept : le devenir nÕa de sens que comme anticipation de soi du rŽsultat, dans la mesure o� il est autoÐdŽploiement du sujet et que ce nÕest que comme tel quÕil peut �tre ainsi.

 

¤ 30 Ð Dans le syllogisme, le ProlŽtariat nÕest pas Ç un sujet en repos qui porte les accidents sans �tre mž, mais le concept qui se meut et qui reprend en luiÐm�me ses dŽterminations. È[10] CÕest pour cela que Marx peut conclure (ˆ lÕadresse de Proudhon qui refuse lÕultime passage dans le troisi�me moment du syllogisme pour sÕen tenir au second) : Ç Ne dites pas que le mouvement social exclut le mouvement politique. Il nÕy a jamais de mouvement politique qui ne soit social en m�me temps È[11], puisque le mouvement social est dŽjˆ en soi mouvement politique, m�me sÕil ne lÕest pas encore effectivement (pour soi). CÕest Žgalement pour cela quÕil peut lancer sa formule cŽl�bre ; Ç La classe ouvri�re est rŽvolutionnaire ou elle nÕest rien È[12] qui bien loin de signifier un rejet des luttes syndicales Ð comme lÕˆ le plus souvent interprŽtŽe ˆ contreÐsens la thŽorie postprolŽtarienne pour en faire le point de dŽpart de sa critique du paradigme prolŽtarien de la rŽvolution Ð ne fait quÕexposer la nŽcessitŽ interne de leur devenir politique, cÕestЈÐdire le fait quÕelles ne sont pas une fin en soi. Marx , dans dÕautres termes, ne dit pas autre chose lorsquÕil affirme au cours de la sŽance de 1850 de la Ligue des communistes : Ç JÕai toujours bravŽ lÕopinion momentanŽe du prolŽtariat È[13], cÕestЈÐdire la reprŽsentation immŽdiate quÕil peut se faire de sa situation, de mani�re dŽterminŽe, finie, scindŽe de la totalitŽ, donc non rationnelle.

 

Engels peut Žcrire sans prendre de gants Ç Pendant des annŽes, le mouvement ouvrier anglais a tournŽ dŽsespŽrŽment en rond dans le cercle Žtroit des gr�ves pour lÕaugmentation des salaires et la diminution des heures de travail, considŽrŽes non comme expŽdient ou moyen de propagande, mais comme fin en soi. Les tradeÐunions, en fait, excluent par principe dans leurs statuts toute action politique et par lˆÐm�me, interdisent ˆ la classe ouvri�re de participer ˆ toute activitŽ gŽnŽrale en tant que classe (É). CÕest pourquoi on ne peut parler dÕun mouvement ouvrier ici que dans la mesure o� il y a des gr�ves qui, victorieuses ou non, ne font pas avancer dÕun pas le mouvement. Gonfler de telles gr�ves (É), des gr�ves qui ne font pas avancer la classe ouvri�re, et en faire des luttes dÕimportance mondiale (É) ne peut, ˆ mon avis, quÕ�tre nuisible. È [14]

 

 

 

Le fond rationnel de la systŽmaticitŽ marxienne

 

¤ 31 Ð Le syllogisme du ProlŽtariat est en m�me temps une phŽnomŽnologie (au sens hŽgŽlien de Ç prŽsentation du savoir qui appara”t Èq) de la conscience de classe, qui pousse le processus de prise de conscience ˆ son terme,  Ç cÕestЈÐdire ˆ la dissolution de la forme m�me de la conscience Ð la diffŽrence du sujet et de lÕobjet du savoir[15], au savoir de soi, savoir non limitŽ par un objet qui nÕest plus son Autre, mais luiÐm�me, bref au savoir absolu. È[16]

La phŽnomŽnologie de la conscience de classe suit exactement, moment par moment, le syllogisme du ProlŽtariat dont elle double le processus objectif (organisationnel) dÕun processus subjectif (conscientiel) : au devenir classe de la masse dans son organisation correspond le devenir conscience de classe des reprŽsentations de la masse (cf. la remarque de Marx au ¤ 30), au devenir parti de cette organisation correspond le devenir science de la conscience, au sens spŽculatif de logique propre ˆ lÕobjet en ce que lÕobjet est en propre.

 

¤ 32 Ð DÕabord Ç divisŽe dÕintŽr�ts È par la concurrence, la masse des travailleurs sort dans un premier moment dÕelleÐm�me dans sa lutte contre ses Ç ma”tres È (elle se nie pour la premi�re fois Ð Ç nŽgation simple È) et acquiert ainsi un premier niveau dÕuniversalitŽ ˆ travers la reprŽsentation quÕelle se fait de ses Ç intŽr�ts communs È ; mais il ne sÕagit lˆ encore que dÕune universalitŽ abstraite, extŽrieure, cÕestЈÐdire par rapport ˆ son Autre, qui appelle son dŽpassement (double nŽgation Ð nŽgation de la nŽgation) dans la prise de conscience de ses Ç intŽr�ts de classe È qui ne sont plus simplement ses intŽr�ts Òpar positionÓ dans la sociŽtŽ civile bourgeoise, mais ses intŽr�ts au regard de lÕHistoire ou mieux : les intŽr�ts de lÕHistoire quÕelle reprŽsente, sur la base de sa position sociale (cÕestЈÐdire de sa position particuli�re dans la totalitŽ historique positive immŽdiate).

 

¤ 33 Ð La conscience de classe, cÕest la classe prolŽtaire Sujet qui sÕabandonne ˆ la vie de lÕHistoire qui a prŽsente et qui exprime la nŽcessitŽ interne de celleÐci comme ultime rŽconciliation du Sujet et de lÕObjet, du Temps et du Concept, de lÕHomme et de son histoireÉ moyennant sa Ç  rŽalisation dŽtaillŽe È sans laquelle Ç le rŽsultat nu est le cadavre qui a laissŽ la tendance derri�re soi È[17], cÕestЈÐdire le programme de son parti. CÕest ainsi que Balibar peut Žcrire ( en donnant lÕimpression de se faire peur Ð mais il y a de quoi !) : Ç Pour le Marx de Mars 1845, ce nÕest pas assez de dire avec Hegel que Òle rŽel est rationnelÓ et que le rationnel, nŽcessairement, se rŽalise : il faut dire quÕil nÕy a de rŽel, et de rationnel, que la rŽvolution. È[18] Ð ˆ ceci pr�s que la restriction chronologique ne vaut pas. Donc Ç si lÕon fait abstraction des insuppressibles contingences (hasard et libre arbitre) singuli�res de lÕhistoire (il est rationnel que tout ne soit pas rationnel), qui, cependant, mŽdiatisent un dŽveloppement dont le sens universel ne peut �tre compromis par elles (optimisme hŽgŽlien [et marxien Ð n.d.a.]), lÕhistoire est conduite par la raison ou le concept. È[19]

 

1. Une analyse que ne dŽsavouerait pas I. Garro, lorsquÕelle Žcrit (ˆ juste titre) que pour Marx, ˆ partir du moment o� il aborde Ç la question de lÕhistoire, de sa connaissance et de sa ma”trise È,  Ç le probl�me est (É) de relier une nouvelle thŽorie de lÕhistoire ˆ la perspective de sa ma”trise collective, enfin rationnelle. È[20] Marx avait confirmŽ par avance ce propos dans la prŽface du Capital : Ç Lors m�me quÕune sociŽtŽ est arrivŽe ˆ dŽcouvrir la piste de la loi naturelle qui prŽside ˆ son mouvement Ð et le but final de cet ouvrage est de dŽvoiler la loi Žconomique du mouvement de la sociŽtŽ moderne Ð elle ne peut ni dŽpasser dÕun saut ni abolir par des dŽcrets les phases de son dŽveloppement naturel ; mais elle peut abrŽger la pŽriode de gestation et adoucir les maux de leur enfantement È.[21]

2. On pourrait penser que ces deux conceptions de la science (spŽculative dans lÕaspect que retient ici Balibar, positiviste dans celui retenu par Garro) sÕopposent, de m�me que sÕopposent la nŽcessitŽ spŽculative induite par le premier et le possibilisme du second. En rŽalitŽ il nÕen est rien dans la mesure ou la scientificitŽ spŽculative est chez Marx la condition thŽorique de son possibilisme politique.

3. Je vais citer encore une fois Althusser : Ç Pour le dire en termes polŽmiques, quand on pose la question de la Òfin de lÕhistoireÓ, on voit dans un m�me camp se ranger et Epicure et Spinoza, et Montesquieu et Rousseau, sur la base, explicite ou implicite, dÕun m�me matŽrialisme de la rencontre ou, au sens fort, pensŽe de la conjoncture. Et Marx, bien entendu, mais forcŽ ˆ penser dans un horizon dŽchirŽ entre lÕalŽatoire de la Rencontre et la nŽcessitŽ de la RŽvolution. È[22]

 

¤ 34 Ð Le syllogisme marxien de la classe prolŽtaire (le ProlŽtariat comme sujet politique dans son concept, cÕestЈÐdire organisŽ en parti) nÕexpose pas le proc�s historique de constitution des classes du mode de production capitaliste Ð contre toute vŽritŽ historique Marx postule que la bourgeoisie est dŽjˆ constituŽe en classe au sortir de la RŽvolution fran�aise[23] Ð mais le ÒdŽgagementÓ ou le ÒdŽsengagementÓ de la classe prolŽtaire visЈÐvis de la sociŽtŽ capitaliste, mais lÕav�nement du seul ProlŽtariat au travers de ses transformation identitaires, des diffŽrents moments de lÕidentitŽ processuelle de son sens rŽvolutionnaire et, pour tout dire, de lÕav�nement de son parti dans lequel se rŽsout le processus Ð d�s lÕIdŽologie allemande Marx a ŽtŽ clair sur ce point : contre Feuerbach auquel il reproche de transformer le terme communiste en une simple catŽgorie prŽdicat de lÕ ÒHommeÓ, il affirme que celuiÐci Ç dŽsigne, dans le monde dÕaujourdÕhui, lÕadhŽrent dÕun parti rŽvolutionnaire bien dŽterminŽ È[24] Ð ;  av�nement comme une sorte de ÒdŽveloppement sŽparŽÓ de soi, en soi et pour soi, et pour lequel son Autre nÕest que la mŽdiation de son processus dÕidentification ˆ soi, av�nement comme Sujet absolu de lÕHistoire moyennant sa dŽtermination de sujet politique, pour lequel la relation ˆ lÕautre, cÕestЈÐdire la lutte de classes proprement dite, nÕest que la mŽdiation du rapport ˆ soi de la classe.

La formule Ç organisation du prolŽtariat en classe È nÕest pas un vain mot : le proc�s de constitution du ProlŽtariat nÕest pas la production historique des rapports de classes capitaliste (de la classe prolŽtaire et de la classe capitaliste), ce nÕest pas un proc�s de constitution, cÕest un proc�s dÕorganisation en parti des prolŽtaires ; sans parti, il nÕy a pas de classe prolŽtaireÉ

 

¤ 35 Ð On comprend alors la catastrophe thŽorique et politique que la caducitŽ du prolŽtariat comme sujet politique reprŽsente pour la thŽorie de la lutte des classes et les enjeux que reprŽsente la critique ultraÐgauche du lŽninisme et de la socialÐdŽmocratie. On comprend Žgalement les questions que cela pose ˆ la thŽorie postprolŽtarienne (hŽriti�re de lÕultraÐgauche) apr�s la disparition effective de celuiÐci ; on comprend enfin que Marx, apr�s avoir posŽ lÕŽquation : classe prolŽtarienne = parti prolŽtarien, nÕait pas eu grand chose ˆ ajouter ˆ la dŽfinition des classes, sauf ˆ Žnoncer des banalitŽs sociologiques, ce quÕil nÕa pas fait.

 

Il est logique de ce point de vue que cette critique, consŽcutive ˆ la premi�re crise du paradigme ouvrier de la rŽvolution ouverte par la victoire de la rŽvolution bolchevique et la dŽfaite simultanŽe de la rŽvolution allemande, brise lÕunitŽ du syllogisme marxien du ProlŽtariat, lÕultraÐgauche germanoÐhollandaise absolutisant abstraitement le premier et le second moment dans la Ç spontanŽitŽ des masses È, la gauche communiste italienne (Bordiga) absolutisant de la m�me fa�on le troisi�me moment dans le Ç parti communautŽ È.



[1] Postafce ˆ la seconde Ždition allemande du Capital in Îuvres t. I, ƒd Gallimard, Paris 1965, p. 559. Sur le sens du terme intelligence comme Ólecture du dedansÓ, cf. 1 ¤ 46.

[2] IdŽologie allemande, Îuvres t. III, ƒd. Gallimard, Paris 1982, p. 1067.

[3] PostfaceÉ, op. cit., p. 558.

[4] Pour Marx, Žd. Maspero, paris 1965, p. 70.

[5] Îuvres t. I, Žd Gallimard, Paris 1965, p. 134Ð135 - je souligne.

[6] CÕest en ce sens que lÕon a pu qualifier la philosophie hŽgŽlienne de Òphilosopohie du Noch nichtÓ, du Òpas encoreÓ Ð cf. J.P. Lefebvre et P. Macherey, Hegel et la sociŽtŽ, Ed. P.U.F., Paris 1984, p. 125.

[7] Îuvres, t. I, op. cit. p. 135.

[8] Op. cit.,, p. 191. - je souligne.

[9] http://membres.lycos.fr.rgood/

[10] Hegel, PrŽface ˆ la phŽnomŽnologie de lÕesprit, Žd. Vrin, Paris 1997 ¤ 60, p. 145.

[11] Mis�re de la philosophie, op. cit., p. 136.

[12] Lettre ˆ J.B. Schweitzer (13 fŽv. 1865).

[13] Îuvres, op. cit., t.IV, p. 1085.

[14] Lettre ˆ Berstein du 17 juin 1879.

[15] DualitŽ conscientielle qui est lÕessence de toute la pensŽe occidentale de ses originesÉ ˆ Hegel, dont la systŽmaticitŽ spŽculative se veut la rŽsolution.

[16] B. Bourgeois, Sens et intention de la PhŽnomŽnologie de lÕEsprit, in Hegel, op. cit.., p. 17.

[17] Hegel, op. cit., ¤ 3, 45.

[18] La philosophie de Marx, Žd. La DŽcouverte, Paris 1993, p. 33. NÕen dŽplaise aux tenants de la Òcoupure ŽpistŽmologiqueÓ, Marx tiendra cette position toute sa vie et lÕexprimera comme on lÕa vu apr�s la publication du Capital.

[19] B. Bourgeois, CommentaireÉ, Hegel op. cit., p. 228.

[20] Marx, une critique de la philosophie, Žd. du Seuil, paris 2000, p. 13 Ð je souligne.

[21] Îuvres, t. I, op. cit., P. 550.

[22] le Courant souterrain du matŽrialisme de la rencontre, in Ç ƒcrits philosophiques et politiques È t. I, le Livre de Poche, Paris 1994, p. 574.

[23] Ç Dans la bourgeoisie, nous avons deux phases ˆ distinguer : celle pendant laquelle elle se constitua en classe sous le rŽgime de la fŽodalitŽ et de la monarchie absolue, et celle o�, dŽjˆ constituŽe en classe, elle renversa la fŽodalitŽ et la monarchie pour faire de la sociŽtŽ une sociŽtŽ bourgeoise. È (Mis�reÉ, op. cit., p. 135.)

[24] Op. cit., p. 1481 Ð je souligne